Les résultats des recherches du virologue néerlandais Ron Fouchier sur la création d'un virus mutant de grippe transmissible d'un individu à l'autre chez les mammifères (le super-virus H5 N) occupent actuellement la couverture de la célèbre revue américaine Science. Les deux articles principaux publiés dans ce numéro spécial du 22 juin ont été joints par des avis se concentrant sur les implications et les éventuels risques que peuvent résulter des expériences dans le domaine des virus grippaux, notamment dans le cadre de bioterrorismes. Ce dernier est le grand souci de l'État Américain qui s’intéresse à porter régulation à ce genre de recherche.

Des résultats de recherches assez similaires ont été publiés dans la revue Nature cahier "Science & techno", parus le 5 mai, concernant les travaux de recherche sur les virus grippaux menés par l'équipe nippo-américaine de Yoshihiro Kawaoka. Dans ce contexte, le comité de biosécurité avait manifesté depuis 2011, une grande opposition à la publication des résultats de travaux des deux dites équipes. Pour Jean-Claude Manuguerra de l’Institut Pasteur à Paris, la publication de ces recherches n’ont rien « d'un manuel pour terroristes".

Pour aboutir à ce résultat scientifique, les chercheurs ont d’abord procédé à étudier les mutations qui ont entraîné l'émergence des pandémies grippales des vagues de 1918, 1957 et 1968, pour bien comprendre le processus d’adaptation des virus de grippe aviaire à des mammifères.